La démarche
L’upcycling en bleu outremer
RE‑UUSE.ME est né d’une idée simple : deux jeunes créateurs récupèrent en ressourcerie des statues et des objets abîmés, destinés au rebut, les réparent, puis les unifient sous un bleu outremer éclatant. L’objet cassé ne redevient pas ce qu’il était — il devient autre chose.
L’upcycling, en deux mots
Le recyclage détruit l’objet pour en récupérer la matière : une bouteille redevient du verre. L’upcycling, lui, garde l’objet intact et lui donne une valeur supérieure à celle qu’il avait — d’où le terme, littéralement « recycler vers le haut ». Rien n’est broyé, rien n’est refondu : on part de ce qui existe déjà et on en fait une pièce que personne d’autre ne possède. C’est la démarche la moins gourmande en énergie qui soit, et la seule qui produise de l’unique.
Chiner ce qui allait partir à la benne
Tout commence en ressourcerie : ces lieux qui collectent ce dont les gens se débarrassent et tentent de lui trouver un second usage. C’est là que nous cherchons — des statues, des bustes, des objets anciens, souvent ébréchés, fêlés, amputés d’un doigt ou d’un morceau de socle. Précisément les pièces que personne ne rachète, et qui finissent au rebut faute de preneur.
Chaque pièce y est achetée — et ce détail compte. Les ressourceries sont le plus souvent portées par des associations de réinsertion, qui créent de l’emploi pour des personnes qui en sont éloignées. Acheter chez elles, c’est financer ce travail : la seconde vie de l’objet commence par une seconde chance pour ceux qui l’ont collecté.
Réparer d’abord
Avant toute chose, l’objet est réparé : recollé, comblé, reconstitué, poncé. Le geste est patient et il est la vraie condition du reste — sans lui, il n’y aurait qu’un objet cassé repeint. La restauration ne cherche pas la perfection du musée : elle rend à la pièce sa tenue, sa solidité, sa possibilité d’exister encore.
Le bleu qui efface les cicatrices
Puis vient la couleur. Le bleu Klein — IKB, International Klein Blue, cet outremer profond et mat mis au point par Yves Klein à la fin des années 1950 — recouvre entièrement la pièce.
Le geste est double : il masque les stigmates, les raccords, les manques, tout ce qui trahissait l’accident ; et il unifie l’objet sous une surface qui absorbe le regard. La statue n’est plus une statue abîmée. Elle est devenue une forme, un volume, une pièce contemporaine — et son passé cassé, loin d’être un défaut, est ce qui l’a menée là.
Nous peignons avec la peinture de la collection officielle Yves Klein éditée par Ressource, en finition mat profond — appliquée couche après couche, jusqu’à ce que la surface devienne veloutée, sans un reflet.
Notre activité s’étend aussi à la restauration de meubles et d’objets anciens, pour donner une nouvelle vie à des trésors du passé.
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